
Douze Dixième avait marqué l’année 2020 avec son premier jeu à la DA très marquée et originale, Shady Part of Me, qui mêlait habilement puzzle et plateforme. Pour sa seconde création, le studio a choisi de changer de rythme et de s’attaquer au genre du metroidvania. S’inspirant des plus connus mais en distillant des nouveautés autant au niveau du gameplay qu’avec son style graphique très particulier et reconnaissable, voici MIO: Memories in Orbit.

A la rencontre des habitants de l’arche perdue
MIO: Memories in Orbit débute quand notre personnage, Mio, petit robot gardien, se réveille dans une espèce de sous-sol aseptisé. On commence à se déplacer, explorer les étroits couloirs et escalader les poutres facilement grâce au double-saut disponible de suite. La prise en main est immédiate et on arrive vite dans une zone plus ouverte d’un lieu appelé Arche. On croise quelques robots ennemis qui nous apprennent à nous battre et on comprend que l’on va devoir explorer les lieux minutieusement parce que les passages entre les zones sont parfois de petits trous dans les murs à peine visibles. On croisera des personnages qui nous apporteront du lore mais aussi une grande aide au cours de notre aventure à travers ce curieux vaisseau. Ils nous apprendront ainsi que les Perles, les IA qui devaient veiller sur les habitants de l’arche ont curieusement cessé de fonctionner, expliquant le dérèglement de certains robots qui sont désormais contre nous. Certaines zones du vaisseau sont également envahies par une végétation dense et parfois toxique à travers laquelle il faudra apprendre à naviguer.

Metroidvania oblige, les options de déplacement de Mio lui seront ajoutées progressivement les unes après les autres. D’un simple double-saut pour commencer, on ajoutera ensuite un grapin et d’autres joyeusetés qui rendront le plateforming très satisfaisant manette en mains. Réexplorer des zones déjà vues avec chaque nouveau pouvoir est une obligation pour découvrir des secrets ou des objets qui permettent de modifier le fonctionnement de notre personnage. En effet, nous sommes un robot qui possède la possibilité d’installer des modules divers et variés qui influeront sur le combat, les boucliers disponibles ou la récupération d’énergie. Celle-ci est indispensable pour les éléments de déplacement et sera une jauge à garder à l’oeil en permanence. Les options sont nombreuses et chaque joueureuse pourra peaufiner son propre build en fonction de ses habitudes. On pourra aussi modifier les choix en fonction de la situation dans laquelle on se trouve. Un gros combat de boss demandera certainement d’axer nos modificateurs sur l’efficacité des combats là où une session d’exploration demandera peut-être de faire des choix différents. Les modifications ne pouvant être qu’à certains endroit fixes, il faudra cependant bien prendre le temps de choisir avant de repartir.

Un challenge relevé mais bien récompensé
MIO ne cache pas son envie d’être un challenge, les ennemis ne vous laisse que peu de répit et les points de vie de notre personnage sont peu nombreux. Ajoutez à ça le fait que le soin n’est possible qu’à certains endroits fixes du jeu et vous obtenez une recette qui sera d’abord un peu frustrante mais qui nous apprendra vite la prudence. Les points de sauvegarde sont aussi plutôt éparses et le runback du début du jeu avec les premiers boss est une petite épreuve à surmonter. Mais la victoire est bien récompensée et permet souvent d’obtenir un nouveau pouvoir qui offre de belles nouvelles possibilités. Les ennemis que l’on croise sur notre chemin ont des patterns faciles à lire donc on apprend assez vite à les éliminer efficacement. Les boss sont également très lisibles et les combattre revient assez souvent à apprendre une chorégraphie qui devient satisfaisante lorsque l’on prend le dessus en termes de dégâts. On reconnaitra quelques unes des influences du studio dans certains mouvements de certains boss mais ils sont dans l’ensemble tous originaux et bien ancrés dans le lore du jeu.

Le studio a pensé à ajouter quelques options d’accessibilité qui permettront de progresser avec un peu moins de frustration si besoin. On peut faire en sorte que les boss se souviennent de nos tentatives en leur grignotant une partie de leur barre de vie à chaque combat contre eux, c’est très progressif et il faut quand même apprendre les patterns et jouer au jeu pour vaincre. On peut rendre tous les ennemis (hors boss) pacifistes jusqu’au moment où Mio assènera le premier coup. C’est une option très plaisante pour l’exploration avancée quand on n’a plus trop besoin de récupérer leur nacre, la ressource monnaie du jeu pour la boutique. Enfin, on peut choisir d’ajouter un bouclier supplémentaire qui apparait au bout de 5 secondes passées au sol, il permet de prendre un coup sans trop de conséquences et peu être une bonne option pour certaines salles où le plateforming devient ultra précis.

Les mouvements de notre personnage sont très aériens et le fait que notre double-saut se recharge dès que l’on tape un ennemi sera d’une grande aide en combat. L’exploration du monde du jeu aura aussi sa dose de challenge avec des passages de plateforming précis qui demandera de la patience et parfois un peu de réflexion pour comprendre quel pouvoir utiliser à quel moment. Là encore, les développeurs ont soigné les récompenses de réussite avec souvent des modules modificateurs à la clé ou des éléments nécessaires pour les améliorations de l’atelier de Mel, personnage que l’on sauve assez rapidement dans l’aventure et qui a une personnalité qui marquera.

Une identité forte et marquante
Je vous parlais de Mel la mécano et de son attitude marquée, elle n’est évidemment pas le seul personnage que l’on croisera. Shii sera notre point central dans le hub de départ, celui qui nous donnera la plupart des informations pour notre progression dans l’histoire des Perles. Mais l’arche regorge de nombreux personnages avec des histoires souvent attachantes, parfois qui nous feront sourire. On sent que l’écriture globale du monde a été soignée pour donner une vraie personnalité au jeu. On aurait pu avoir plus de lignes de dialogue différentes pour certains PNJ devant lesquels on va passer souvent au cours de l’exploration mais globalement l’ensemble est bien fait et les clins d’oeil sont plaisants. Petite mention spéciale pour la présence d’un personnage non-binaire dans un des fils rouges du lore, c’est un détail pour beaucoup mais ça fait toujours plaisir de voir de l’écriture inclusive et de la représentation dans la narration.

Outre l’écriture du jeu, ce qui marque ce sont ses graphismes. L’aspect aquarelle / croquis est un délice pour les yeux et les animations sont incroyablement fluides et détaillées. Douze Dixièmes a créé son propre moteur de jeu pour avoir un rendu visuel à la hauteur de leurs attentes et force est de constater que c’est une belle réussite ! On visitera plusieurs environnements au cours de l’aventure et ceux-ci auront leur propre ambiance, plus ou moins lumineuse, et on aura parfois envie de se poser pour juste admirer l’arrière plan et les détails qui s’y sont glissés. L’ambiance globale du jeu est aussi extrêmement bien portée par sa bande son. Une mélodie de quelques notes semble nous accompagner un peu partout mais sera finalement toujours un peu changeante pour apporter parfois de la légèreté et parfois du stress. La musique est réhaussées d’harmonies vocales qui rendent alors ce monde de robots incroyablement sensible et humain. Le travail artistique, qu’il soit visuel ou sonore est impeccable et laissera sa marque sur les joueureuses qui plongeront dans l’univers de MIO.
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Gameplay
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Graphismes
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Histoire
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Intérêt
Conclusion
MIO: Memories in Orbit s’inspire de metroidvania bien connus mais parvient a créer sa propre recette avec une identité visuelle et sonore forte ainsi qu’un gameplay aérien très plaisant. Le début du jeu nous apprend la prudence et que la persévérance sera récompensée. Par de nouveaux pouvoirs de déplacement ou des modules à acheter et installer pour modifier notre build pour l’adapter à notre façon de jouer. Explorer le vaisseau pour en découvrir l’histoire et les secrets n’est pas une mince affaire, les chemins à emprunter sont semés d’embûches et souvent bien cachés. La récompense des découvertes n’en est alors que plus appréciable ! L’équilibre challenge / récompense est souvent difficile à trouver dans le genre des metroidvania, MIO réussi bien le pari de placer la barre haute tout en étant finalement généreux avec les joueureuses. Le jeu propose également une identité forte, tant par sa narration teintée de poésie que par ses graphismes mêlant croquis et aquarelle ou encore sa bande son qui saura nous accompagner avec délicatesse. En fonction de votre degré de completionnite et de votre habitude avec le genre, comptez entre 25 et 40h de gameplay pour boucler l’aventure de Mio.
MIO: Memories in Orbit est développé par Douze Dixièmes et édité par Focus Entertainment Publishing.
Review réalisée sur la version PC gracieusement fournie par l’éditeur.
MIO: Memories in Orbit est disponible sur PC, PS5, Nintendo Switch 2 et Xbox